Nous avons eu la chance de participer à la formation « L’Éloquence de l’Aphasie » à Rennes, une initiative remarquable organisée par la FNAF, financée par la FNAF, l’OCH et Éloquence de la Différence, et animée par Éloquence de la Différence. Cette expérience a été non seulement enrichissante, mais également très inspirante pour chacun d’entre nous.
Une Équipe Unie
Notre groupe, composé d’Aurore, Jean-Paul, Dom du Finistère, Nicolas des Côtes d’Armor, Pascale, Gérard et André d’Ille-et-Vilaine, a formé une véritable famille aphasique. Ensemble, nous avons travaillé à améliorer notre éloquence et à partager nos discours, et cela a vraiment été une belle aventure. Les échanges entre nous ont permis de renforcer notre confiance et notre motivation, car nous avons tous des défis similaires à relever.

Un Parcours en Trois Étapes
Nous avons eu l’opportunité d’assister à trois sessions en présentiel à Rennes, ainsi qu’à trois autres en visioconférence. Ce mélange de formats a permis d’adapter l’apprentissage aux besoins de chacun, tout en maintenant un contact chaleureux et stimulant.
Des Conseils Précieux de Malick
Notre formateur, Malick, a été d’une aide précieuse tout au long de cette formation. Grâce à ses conseils pointus sur la posture, le regard, et la gestuelle, nous avons appris à mieux nous exprimer, malgré les difficultés liées à l’aphasie. Sa bienveillance et son expertise ont créé un environnement où nous avons osé essayer, même lorsque cela semblait compliqué.



Surmonter les Défis
Être aphasique rend la prise de parole en public particulièrement difficile. Cependant, cette formation nous a permis de dépasser nos appréhensions. Chaque essai, chaque discours, même imparfait, a été une victoire en soi. Nous avons découvert que la pratique et le soutien mutuel sont essentiels pour avancer dans notre parcours.
Des Discours Top !
Nous avons réussi à préparer des discours variés et percutants, et c’était incroyable de voir nos progrès au fil des sessions. À la fin de la formation, nous avons partagé nos discours, remplis de fierté et de joie. Chacun d’entre nous a pu ressentir que, malgré nos défis, nous avions tous la capacité de nous exprimer et de faire entendre notre voix.



Un Grand Merci
Nous tenons à remercier chaleureusement la FNAF pour cette initiative, Clotilde (vice-présidente la FNAF, Représentante de l’Éloquence de l’Aphasie), ainsi que notre formateur Malick pour son soutien indéfectible. Cette expérience à Rennes a renforcé notre esprit communautaire et a éveillé en nous une nouvelle confiance en nos capacités d’expression.


Nous sommes impatients de poursuivre sur cette lancée et d’appliquer tout ce que nous avons appris. Ensemble, continuons d’œuvrer pour l’éloquence des aphasiques et de nous faire entendre dans la société !



Des bonus :
Le discours écrit par Aurore : L’aphasie en quotidien
« Vous connaissez l’aphasie ?
Oui?
Non?
Je ne pense pas comme moi.
Je suis aphasique.
L’aphasie réside dans mon cerveau, ça ne se voit pas trop chez moi.
Mais elle aime sortir au contact de ses amies comme la Lecture, la Parole et la Fatigue…
Nous rencontrons des personnes qui terminent nos phrases mais nous ne sommes pas à France 3 pour « Question pour un champion ».
Ça ne sert rien d’appuyer sur le champignon parce que vous n’avez pas la bonne réponse…
Ou des individus qui quittent la discussion ou un entretien, lassés ou nous ne regardent pas quand ils nous parlent et préfèrent fixer leurs regards sur nos accompagnants.
Nous ne sommes pas dans l’émission « tournez manège! »…
Ainsi, la société « impatiente » n’a pas l’intelligence et la tolérance nécessaires pour écouter notre discours trop lent, qui contient des fautes verbales et quand nous butons sur des mots simples ou pas.
Alors, elle assimile notre manière de parler et notre jargon à de l’incompréhension, l’incompétence et un manque d’intelligence.
Mais rassurez-vous, notre cerveau fonctionne parfaitement, peut-être un peu trop.
Nous sommes impuissant à demander un café ou une baguette quand nous rencontrons la fatigue …
Hier, c’était possible mais aujourd’hui c’est confus… Comme la roulette russe…
Soit l’incapacité à faire des blagues ou exprimer des sentiments, des émotions qui nous traversent, et puis l’absence de riposter au tac au tac.
D’où, la frustration fait partie de notre vie.
Alors, les aphasiques sommes-nous inadaptés de la société « impatiente » dont nous sommes minoritaires ?
On nous dit: « trop francs, trop cru, trop brutal… »
Mais, pas de chichi, pas de simagrées, nous sommes vrais.
Nous n’avons plus le temps pour ça.
Nous n’avons pas, plus le choix.
Puisque les mots manquent.
Nietzsche a écrit « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »
Je ne sais pas.
Mais nous sommes fortement courageux, fortement bienveillants et fortement tolérants. «
Le discours de Dom : La chambre 5
« Les mnémoniques imagées pour leur part utilisent des dessins, des schémas, ou des plans pour mémoriser une série d’informations » : La chambre 5


Le discours de Jean-Paul : L’anniversaire de son ami
